De vieux mots dans ma sacoche

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Je dépose dans cette sacoche quelques vieux mots à moi..

【Edit】 ...pour ne pas les perdre. Si ça vous amuse de les lire, alors tant mieux.  Ils datent tous de 2006, 2007, quand je posais mes valises en Chine, mon nouveau chez moi, alors. Une partie de ma vie assez sensible, tout comme la période que je décris dans les articles qui suivent, qui datent, eux, de 2014 (à lire, ceux-là, en commençant par la 2em page, à la fin, soit au début des publications) 

 

Ha ha ha merdouillette

Un feu de joie sous une pluie-tempête dénudée ça va de soi

Merdouillette au son des battements de son imagination

Danse danse danse, merdouillette, danse de la sublimation 

La pluie cesse. Le feu s'arrête. La nuit s'abaisse.

Merdouillette cendrouillette

Crépite

Ultime orgasme de joie 

Et tac. morte de froid.

 

 

Dans le café, il y a des histoires entre le noir, le sucre et la tasse de café.

De vrais discussions sans cesse débitées

Le noir souhaitant être sucrét. La tasse être vidée. Le noir souhaitant rester. Le sucre ? Lui.. ne souhaite rien..

Le sucre regarde le noir et la tasse les trouvant drôlement jolis avec tous ces reflets. Puis plonge. Sans trop penser.

La tasse, toujours mal lunée, n'a pas vu le sucre plonger et croit que le noir a fait caca sur sa peau de Bretagne.

Envahi par la beauté d'un sucre qui disparait, le noir se met à pleurer, et petit à petit se meurt, apaisé.

La tasse, seule, grogne de n'avoir au fond d'elle-même que des traces..

 

 

Reine et Fidèle

Reine « Chère fidèle, où êtes vous ? j’ai besoin de vous.. Page ! Appelez ma fidèle j’ai besoin d’elle..

Le Page -Bien Madame

(Le page sort…)

Reine « Ah… mais que se passe t-il ce matin ? l’aurore m’insupporte…”

(entrée de Fidèle et du page)

Fidèle «Madame, me voici, avez-vous quelques soucis ?

Reine -Oui ma chère, vous m’avez depuis des années toujours été de bons conseils, et je crains que mes pensées aujourd’hui réclament à nouveau votre aide…

Fidèle -Parlez madame, je suis toujours votre amie, votre fidèle, je suis là pour vous aimer

Reine -La voix, Fidèle, la voix ne résonne plus dans mon palais, ne l’avais-tu pas remarqué ? j’ai compté les jours et les années, trop de temps est passé sans qu’elle ne résonne dans notre pays sous la neige ou le soleil, elle n’est plus venue nous apporter son chant, le comprends-tu ?

Fidèle -Madame, ne soyez point affolée, la voix vous le savez a toujours eu ses humeurs, souvenez vous dans le passé elle ne s’est point fait entendre pendant des siècles durant…Vous l’avez réclamée, vous avez rué dans les brancards sans que jamais elle ne réponde ; puis un jour, sans qu’on ne sache précisément pourquoi celui-là, un jour, la voix est intervenue alors que nous discutions à l’heure du thé, un simple « salut » et madame, le cœur en joie, a chanté alors durant des années… Les saisons se sont enchaînées, les récoltes ont été ma foi bénéfiques…souvenez-vous madame.. ? Cette histoire, gardez-la en mémoire afin de garder espoir… vous ne devriez point ainsi vous alarmer, croyez-moi Madame…

Reine -Oui je me souviens bien Fidèle, mais vois-tu… je vieillis et je crains que la voix aussi…La vieillesse nous fait oublier et tu le sais ma Fidèle… mon royaume a produit en effet de beaux fruits, mais voyez aujourd’hui, les nuages gris qui envahissent le ciel risquent fort de tout saccager

Fidèle - Usez donc de votre force ! vous semblez oublier que vous êtes reine.. un mot de vous et ces maudits nuages en un coup dégagent !

Reine -Le crois-tu vraiment ? ..tu surestimes mes capacités, ma tendre...

Fidèle -Quoi ! votre pouvoir serait donc si petit ? je vous ai vu mener des guerres bien plus féroces que celle-ci, votre bras est fort, votre voix domine.. vos terres son belles, elles resplendissent encore, croyez moi

Reine - Tu crois...

Fidèle -Oui, je le crois.

Reine -Et bien alors, brûlez les.

Fidèle -Comment ?

Reine -Page !!

Le Page -Oui, Madame.

Reine -Ordonnez à mes soldats d’aller brûler et piller mes terres, je veux qu’il fassent des ravages, qu’il ne reste rien !

Le Page -Bien madame.

(le page sort de scène)

Fidèle -Mais que faites-vous donc.. ?

Reine -Que m’importe toutes ces richesses si la voix ne vient plus, je veux rendre à ce royaume la valeur qui lui convient, une valeur digne de moi, de moi qui ne suis plus qu’une reine sans sa voix.

Fidèle - Vous me surprenez Madame, et permettez que je vous dise que cette mièvrerie ne vous ressemble guère et que vos pleurnicheries ne vous mèneront à rien…

Reine - Ces pleurs, Fidèle, me plaisent! et je ne veux être menée nulle part ! j’exige que mon palais plonge dans les mers qui le bordent, qu’il dérive et se perde…

Fidèle - Vous souhaitez que vos terres et votre royaume périssent, Madame… Dans ce cas, pourquoi n’attendez vous pas que les nuages se chargent de ce funeste ouvrage ? plutôt que de faire de vos propres soldats vos tyrans …

Reine - L’attente, je vous dis, me confine dans la douleur de l’absence et dans l’infime espoir, pourtant jamais assouvi, d’entendre un écho de la voix … Et les nuages ne sauront assez détruire, ne feront qu’engendrer de douloureuses labeurs pour mes pauvres sujets, et ma peine et ma douleur n’en seront que plus grandes encore… Laissez moi pleurer, et brûler nos ailes, laissez moi dériver, et mourir Fidèle…

Fidèle -Votre peine, Madame, n'a fait qu'augmenter tandis qu'à moi vous vous confiiez, et maintenant, voilà déjà une partie de vos terres ravagée, exterminée... Ne m'appelez plus Fidèle..je ne sais plus vous parler…"

(sept 2006)

 

Mme Flaveau professeur de dessin au collège Sagebien à Amiens. l
Le regard terne, le teint terne, les cheveux gris et courts, sales et toujours en bataille. Un dessin par semaine à faire, toujours les mêmes sujets d'années en années.
Mme Flaveau se tenait derrière son bureau trimballant un je ne sais plus quoi dans la bouche, un cure-dent peut-être, un chewing-gum, ou rien peut-être simplement un tic, celui de serrer la machoire de gauche à droite. Elle restait plantée là pendant que quasiment aucun élève ne dessinait, le regard sur la fenêtre ou sur le dehors, peut-être, sur le bureau parfois, gribouillant, écrivant, qui sait, personne n'allait regarder. Mme Flaveau grognait quand des élèves riaient trop fort, ou quand la sonnerie retentissait et que les gosses sortaient précipitemment...
Un jour, alors que nous sortions de cours, amassés dans la salle, devant la porte, l'un des élèves leva la tête et commenta une affiche punaisée là, avec le dessin d'une pipe en dessous de laquelle était inscrit "ceci n'est pas une pipe". Tous se mirent à rire en disant que c'était idiot. Le regard de Mme Flaveau se fit plus terne encore, et son grognement plus interne.
Moi, entre les rires et les coups de coude, je fixai cette image, bousculée, ne sachant trop quoi penser.
Un instant, je me retrouvai seule face à Mme Flaveau, et je fuis rejoindre les autres.

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